Hypertension d’origine endocrinienne

A Dépistage et diagnostic de l’hyperaldostéronisme

1) On devrait envisager un dépistage de l’hyperaldostéronisme au moins chez les patients suivants (cote D):

  1. patients hypertendus présentant une hypokaliémie spontanée (K + < 3,5 mmol/L)
  2. patients hypertendus présentant une forte hypokaliémie induite par un diurétique (K+ < 3,0 mmol/L)
  3. patients présentant une hypertension rebelle au traitement associant au moins trois
    antihypertenseurs
  4. patients hypertendus chez lesquels on a diagnostiqué par hasard un adénome
    surrénalien (incidentalome). 

2) Le dépistage de l’hyperaldostéronisme devrait inclure l’évaluation de l’aldostérone plasmatique et de l’activité rénine plasmatique Tableau 6.

3) En cas d’hyperaldostéronisme plasmatique soupçonné d’après le test de dépistage Tableau 6 (iii), on peut poser un diagnostic d’hyperaldostéronisme primaire, en démontrant que l’autonomie hypersécrétoire de l’aldostérone est inappropriée en utilisant au moins l’une des manoeuvres indiquées au Tableau 6 (iv). Une fois le diagnostic établi, l’anomalie doit être localisée à l’aide de l’un des tests décrits au Tableau 6 (v).

B Dépistage et diagnostic d’un phéochromocytome

1) Si on soupçonne fortement la présence d’un phéochromocytome, on doit adresser le patient à un centre spécialisé dans le traitement de l’hypertension, particulièrement si le bilan biochimique est au départ positif Tableau 7 (cote D).

2) Le dépistage d’un phéochromocytome devrait être envisagé chez les patients suivants (cote D):

  1. patients présentant une hypertension paroxystique et/ou grave (PA ≥ 180/110 mm Hg) et prolongée, rebelle au traitement antihypertenseur habituel
  2. patients hypertendus présentant divers symptômes évoquant un excès de catécholamines (p. ex., céphalées, palpitations, transpiration, crises de panique, pâleur)
  3. patients présentant une hypertension induite par des bêta-bloquants, des inhibiteurs de la monoamine oxydase, les mictions ou une modification de la pression abdominale
  4. patients présentant une masse surrénalienne découverte fortuitement; une hypertension et une polyadénomatose endocrinienne 2A ou 2B; une neurofibromatose (maladie de von Recklinghausen) ou une angiomatose de von Hippel-Lindau.

3) Si le bilan biochimique est positif, la localisation du phéochromocytome devrait se faire par imagerie par résonance magnétique (idéalement), tomodensitométrie (en l’absence d’appareil d’IRM) et/ou scintigraphie à l’iode 131méta-iodo-benzyl guanidine (MIBG) (cote C pour
chaque modalité)